Mont Taranaki, nous ne t’aurons pas gravi !

Nous vous avions promis dans le dernier article de vous faire le récit d’une randonnée loupée, l’histoire se passe dans l’ouest Néo-Zélandais. Echauffés par notre traversée du Tongariro Alpine Crossing, nous nous étions fixé pour objectif de grimper le Mont Taranaki, également appelé Mont Egmont. Il s’agit d’un volcan, endormi depuis 1755, à la forme quasi parfaite souvent comparé au mont Fuji Yama japonais. Vu par satellite, la forme est impressionnante :01_monsacestfait_ont-taranaki

Selon les Maoris, le Mont Taranaki se trouvait autrefois au centre de l’île du nord, parmi les montagnes évoquées dans l’article précédent. Taranaki serait tombé amoureux du Mont Pihanga, et bataillait le cœur de celle-ci avec le Mont Tongariro. Après un combat acharné, c’est finalement Tongariro qui remporta le cœur de Pihanga, Taranaki dû s’exiler à l’ouest du pays laissant derrière lui une trainée de larmes formant la rivière Whanganui. Si le Mont Taranaki est parfois masqué dans les nuages, c’est pour cacher les larmes qu’il pleure encore pour son amour Pihanga. On ne dirait pas sous leurs airs de rugbymens de 150kg, mais ce sont des sacrés poètes ces Maoris !

Pour accéder au Egmont National Park où se trouve le volcan nous suivons la Forgotten World Highway, 150 km de traversée dans un espace qui semble endormi depuis le passage des pionniers.02_monsacestfait_ont-taranaki 03_monsacestfait_ont-taranaki On traverse l’espace de quelques kilomètres une nouvelle république, celle de Whangamomona avec son palais présidentiel, le Whangamomona hôtel. En réalité un bled d’une trentaine d’habitants qui s’est déclaré république en 1989 en protestation contre le pouvoir en place. L’idée est entretenue avec le Republic Day qui réunit des milliers de visiteurs dans le courant du mois de Janvier.04_monsacestfait_ont-taranaki

En fin de parcours nous étions sensé apercevoir le Mont Taranaki. Sensé uniquement, car il semble que le soleil avait également oublié le Forgotten world et à part les essuie-glaces affolés et les moutons stoïques on n’y voyait pas grand-chose.

C’est donc vers l’inconnu que nous nous lançons ce matin là, vers l’ascension du Mont. Le « summit track » promet un périple de 8 à 10 heures aller-retour pour atteindre les 2518 m où se trouve le cratère. Comme l’oreiller nous avait un peu trop retenu, on ne traine pas et on zappe le visitor centre pour se lancer directement sur les pentes du Mont.05_monsacestfait_ont-taranaki

Les premiers kilomètres se passent facilement et nous quittons rapidement la végétation luxuriante pour un paysage lunaire où seule la roche volcanique est visible. Nous croisons quelques personnes qui redescendent déjà, des early birds (les matinaux)? Pas vraiment, les derniers nous disent qu’ils ont rebroussé chemin car le temps était trop froid et venteux. On s’est déjà donné un peu de mal, et comme on n’aime pas renoncer, on continue notre route.06_monsacestfait_ont-taranaki

Le sommet est toujours dans les nuages, mais la vue vers le bas est déjà impressionnante, nous voyons à des kilomètres à la ronde.07_monsacestfait_ont-taranaki 08_monsacestfait_ont-taranaki 09_monsacestfait_ont-taranaki

Le parcours devient assez pénible sur sa partie haute, 2 pas en avant, 1 glissade d’un pas dans la caillasse en arrière. La température a déjà bien baissé depuis notre départ, et ce n’est pas parce que l’on monte que l’on voit plus où l’on va, le sommet promis reste encore une illusion. Décidemment il a le cafard aujourd’hui Taranaki…

On fait une pause derrière un rocher pour s’abriter un peu du vent, et on regrette de ne pas avoir de gants car les doigts sont gelés.10_monsacestfait_ont-taranaki On ajoute à notre habillement de très esthétiques capes de pluie. 11_monsacestfait_ont-taranaki

Si toi aussi tu veux ressembler à un gros préservatif, tu pourras trouver ces capes chez HEMA pour 1 ou 2€

Mais ça ne change pas grand-chose, on n’y voit plus à deux mètres, on ne sait pas si l’on est près où loin, on a les extrémités gelés, le reste trempé, on s’engueule comme du poisson pourri (et surgelé). Bref ça nous coûte, mais il est temps de renoncer.

La descente n’est pas forcément plus aisée que la montée, mais la température se radoucit vite et on « savoure » notre sardine dans un buns en se demandant si on a bien fait ou non. Plus loin nous avons un chouette point de vue sur le Mont, c’est le moment que celui-ci a choisi pour commencer sa journée et pointer le bout de son nez, les nuages se dégagent et nous voyons enfin le sommet. On se rend compte alors que l’on était plus qu’à une centaine de mètre du cratère, rageant !12_monsacestfait_ont-taranaki 13_monsacestfait_ont-taranaki

C’est en balançant des noms d’oiseaux à Taranaki le pleurnichard que nous finissons le track. Nous passons au visitor centre pour voir des photos du cratère glacé que l’on a loupé, un tableau d’affichage avec les conditions météo est présent : -9°C à 2500 mètres. On comprend alors pourquoi on s’est autant pelé le jonc.

Désormais nous vérifions toujours la météo avant de partir faire des trucs de ce genre, mais ce simili échec nous donne une nouvelle bonne raison de revenir un jour en Nouvelle-Zélande pour affronter Taranaki !

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